Quand commence l’aventure – Les débuts d’Auroville

Par Dominique Darr

Du 4 au 26 sept. 2020

galerie IMPRESSION, Paris

Dominique Darr’s exhibition in Paris.
Le Fonds de Dotation “Art et Recherche” 15 quai Louis Blériot 75016 Paris
and Centre d’Art Citadines – Auroville
Invite you to Dominique Darr’s photographic exhibition about the beginnings of Auroville.
Galerie-librairie IMPRESSION 17 rue Meslay 75003 Paris
from 4th to 26th September 2020
Limited collection silver prints (Black and White)

Le 15 août 1969 à minuit, la première caravane pour Auroville quitte la place des Invalides à Paris. Dominique Darr est là pour immortaliser le départ de ces jeunes aventuriers qui partent en Inde tenter une expérience sans précédents : construire la ville de l’humanité future à quelques kilomètres de Pondicherry, sur la côte de Coromandel.

La photographe documentera la naissance d’Auroville sous tous ses aspects, réalisant des milliers de clichés, devenant le témoin privilégié d’une croissance à la fois matérielle et spirituelle.

Elle est là lorsque les premiers habitants s’établissent sur le site de la future cité, elle assiste à son développement, à la vie quotidienne, aux difficultés et aux espoirs. Elle capture l’extraordinaire atmosphère qui porte ces pionniers de l’inconnu et qui fait que chaque action, chaque évènement acquiert une dimension nouvelle.

Elle photographie inlassablement la construction du Matrimandir, l’âme d’Auroville, qui rassemble sur son immense chantier des bâtisseurs du monde entier.

Chaque photographie de Dominique Darr est une action au service d’une vision : celle d’un rêve qui s’incarne.

Ce soir là, au départ de Paris, ils sont 17, ils ont autour de vingt ans. Ils laissent tout derrière eux, sans savoir ce qui les attend. Ils rêvent de repousser les horizons et de changer le monde. Ils ont été appelés à participer à un projet évolutif : bâtir l’homme de demain. Car créer Auroville, c’est en réalité un travail sur la conscience. Ils partent à bord de deux voitures et deux camionnettes chargées de matériel de construction. En deux mois et demi ils vont parcourir 12000km, traversant 10 pays, affrontant d’innombrables difficultés.

Ils arrivent à Pondicherry au début du mois d’octobre.

La future Auroville est un vaste plateau de terre rouge sillonnée de canyons. C’est un désert sans arbres, sans faune. Les villages mitoyens au bord de l’abandon vivent sans eau ni électricité. Une petite colonie qui vit déjà sur place accueille les voyageurs. Peu à peu de nouveaux arrivants se joindront à eux : des villageois tamouls, des résidents de Pondichéry, des routards de nationalités variées, arrivés parfois par hasard.

Dans cette première étape tout est à faire : ils plantent des arbres, cultivent le sol, construisent des maisons provisoires, tracent des routes, apprennent à vivre ensemble. Ce qui est loin d’être facile…Les futurs auroviliens ont en commun une forte volonté de transformation. Ils aspirent à créer une société où chacun serait à sa vraie place, sans hiérarchie, sans compétition.

Chacun apporte avec soi son bagage culturel, sa langue, ses peurs et ses talents.

Leur identité se forge à travers la tentative et l’intuition.

Le rôle de l’éducation fondée sur une conception entièrement nouvelle sera d’ailleurs fondamental pour le développement des enfants qui naîtront ici.

Les décisions sont prises en commun, les discussions sont à l’ordre du jour. Les difficultés matérielles intensifient les conflits et mettent à nu les contradictions.

Cependant les auroviliens sont profondément conscients qu’ils devront dépasser les différences individuelles pour permettre l’émergence d’ une existence fondée sur la paix et sur l’harmonie car le but d’Auroville est de réaliser l’unité humaine.

Si la vie quotidienne se déroule sous le signe de l’improvisation, l’organisation de la cité a été planifiée sous tous ses aspects. Une équipe d’architecte en a dessiné le plan en forme de galaxie. 4 zones, résidentielle, internationale, industrielle et culturelle sont prévues pour 50000 habitants.

Le Matrimandir en sera le centre. La construction commence en 1971. Des centaines de travailleurs, tamouls des villages, Auroviliens, Pondicheriens, y prennent part.

Rien comme le Matrimandir n’aura incarné l’esprit d’Auroville, la force irrésistible qui la motive et les oppositions aux apparences parfois insurmontables qui l’entravent. S’il y a des difficultés techniques ou psychologiques, le chantier s’arrête, les travaux reprennent lorsque les problèmes s’aplanissent.

Aujourd’hui le Matrimandir est terminé. Auroville grandit encore. IL y a maintenant 3000 habitants. . La vie continue, plus facile mais plus complexe. Les pionniers n’oublieront jamais cette époque où l’impossible était à portée de main, lorsqu’ils savaient avec certitude que le destin de l’homme était déjà transcendé.

 

Dominique Darr

Photographe reporter est née à Paris en 1932. Elle est décédée le 25 décembre 2016 à Auroville pendant qu’elle préparait ce qui allait devenir sa dernière exposition. Après des études de peinture et de décoration, elle participe, en tant que graveur sur bois et chromiste aux différentes activités d’une imprimerie d’art. Au cours de nombreux voyages, elle affirme son goût pour la photographie et effectue des reportages pour la presse et l’édition dans le monde méditerranéen, en Afrique et en Extrême Orient. Dès 1970 et sa venue régulière en Inde, elle va suivre au fil des années le développement d’Auroville et constituer ainsi une archive importante sur la construction du Matrimandir et le quotidien des Auroviliens.